Choisir son réchaud et sa popote

Publié le par Le Blog des PIEDS ROUGES


1- le réchaud


Il en existe plusieurs types adaptés à la randonnée en fonction des carburants utilisés. Les principaux sont le gaz, l'alcool, l'alcool solide, l'essence et certains réchauds multi fuels. Si à mon sens on exclut les deux derniers pour des raisons pratiques et principalement l'odeur dégagée lors de la combustion forte peu agréable la question importante à se poser est la possibilité de se ravitailler tout au long du parcours. Pour le gaz et
l'alcool, aucun problème .



      1.1 L'alcool solide

Même si l'on ne trouve pas de pastilles ad hoc partout, cela peut être une bonne alternative pour des sorties courtes (deux ou trois jours) pour peu
que l'on prévoit suffisamment de combustibles. Les réchauds et les pastilles sont très compacts et légers. Seul bémol, leur puissance de chauffe
n'est pas un modèle du genre mais je reste convaincu de leur utilité sur de courtes périodes dés lors que l'on adapte quelque peu son alimentation chaude. Dernière chose, le prix de ce genre de matériel est très bas .



      1.2 L'alcool liquide

Certes il est moins puissant que le gaz et il faut compter environ le double de temps pour monter un litre d'eau à ébullition . Mais en contre partie
c'est un carburant très peu cher, tout-terrain (il ne gèle pas) et que l'on peut se procurer pratiquement dans le monde entier. Le poids et l'encombrement des réchauds bien que variables suivant les modèles sont tout à fait adaptés à la randonnée. Mais ne l'oublions pas, ils nécessitent l'usage d'un flacon réservoir pour le transport de l'alcool. Généralement ces réchauds sont assez peu onéreux et il est même possible de s'en fabriquer un pour vraiment trois fois rien.



      1.3 Le gaz

C'est certainement le système le plus pratique. Grande puissance de chauffe (de 1000 à 3000 W pour la plupart) permettant l'ébullition d'un litre d'eau dans un temps d'environ trois à sept minutes suivant le réchaud, la température et l'altitude. Le poids et l'encombrement du matériel sont en parfaite adéquation avec les besoins des randonneurs d'autant plus que l'autonomie des cartouches plutôt confortable est comprise entre une heure trente minutes et trois heures voir parfois un peu plus. Ceci en fonction de leur type, de leur contenance, de la puissance du réchaud.

Autre avantage et pas des moindres, le ravitaillement en gaz ne pose généralement aucun problème, du moins dans nos régions à un détail près. En effet pour ce qui est de la provenance habituel du matériel disponible chez nous on distingue deux grandes tendances : soit France, soit Etats-Unies. Si ces derniers fabriquent d'excellentes choses en matière de outdoor, les américains ont des standards parfois différents et notamment pour les cartouches de gaz. Si cela est sans importance dans une grande agglomération, au départ par exemple, cela devient un vrai casse tête voir impossible dans les zones rurales. Allez donc trouver une cartouche Markill, Coleman ou Primus dans l'unique épicerie d'un petit village au fin fond des Cévennes là où par contre il sera possible très souvent de se procurer une Campingaz. De toutes façons la meilleure manière de gérer l'autonomie en carburant est de toujours avoir une cartouche en réserve et de la remplacer au plus tôt dés qu'elle est mise en service. Ainsi, quasiment plus de risque de ne pas pouvoir terminer la cuisson des pastas !

Il existe deux types de cartouches : perçables qui tendent à disparaître ou à valves. Ces dernières ont la possibilité d'être démontées sans être vides afin de les utiliser avec autre chose. A mon sens ce n'est pas un argument de choix pour la pratique de la randonnée. Réchaud à valve tant mieux, réchaud perçable idem.

Alors le gaz ? Pratique, puissant, grande autonomie et facile à gérer, ravitaillement en carburant sans soucis et d'un prix fort modique (environ un euro l'heure de chauffe), matériel léger, peu encombrant et généralement pas trop cher (comptez quarante euros popote incluse) c'est à mon avis la meilleure des solutions pour tout les types de randonnées et indispensable pour celles au long cours.


1.4 La puissance de chauffe

Quelque soit le modèle employé fluctue énormément avec la température. Le vent étant un facteur de baisse de celle-ci, l'usage d'un pare-vent est fortement conseillé. Qu'il soit naturel : rochers troncs d'arbres, abris divers ou bricolé en papier allu par exemple. Il en existe dans le commerce mais ça ne fait qu'alourdir le sac à dos là où la nature nous offre sa générosité. Dans le même ordre d'idées, lorsque la température baisse notamment la nuit et principalement avec le gaz, ranger son réchaud dans le sac lui permettra d'être plus virulent au petit déjeuné. La deuxième chose est la notion de sécurité. Tout ces appareils sont conçus et fabriqués dans des normes de sécurité très pointues et ne présentent aucun danger dés lors
qu'ils sont utilisés convenablement.




2- La popote



2.1 Sa composition de base

La popote est l'outil "plaisir" pour le randonneur gastronome que je suis. Il en existe de toutes sortes et matières. Mais d'abord de quoi doit-elle être constituée ? Tout d'abord de deux éléments de cuisson dont l'un doit servir de couvercle et le cas échéant de poêle. Ces deux éléments s'emboîtent l'un sur l'autre afin de former pendant le transport un rangement pour le petit matériel. Celui-ci est généralement constitué d'assiettes, cuillères et fourchettes, une queue soit fil soit pince, des gobelets ou tasses et de préférence une housse de transport. Dans certains cas le réchaud peut y trouver sa place.


2.2 Allègement possible

Pour ma part j'ai supprimé les assiettes et les fourchettes et on mange à la
cuillère chacun dans l'un des éléments principaux mais la partie couvercle n'est pas une poêle mais une sorte de casserole d'environ 0,9 litre, 1,3 litre
pour l'autre partie. En revanche mon réchaud tient à l'intérieur avec en outre cuillère, queue pince, plaquette ouvre boite, tire bouchon, boule à thé et
la gratounette pour la vaisselle. Cette façon de procéder sans assiettes ni cuillères peut paraître étrange à certains mais en définitif cela ne change
rien au confort tout en gagnant en poids et en encombrement. Et puis, moins de vaisselle ! Il suffit d'essayer.



2.3 Les différentes matières

Il y en a trois principales : l'acier inox, l'alu, le titane et puis aussi le plastique pour certaines choses telles que les tasses par exemple. L'acier n'a pas ma préférence en raison de son poids même si la résistance et la durabilité sont présentes, l'alu est certainement le meilleur compromis poids solidité prix. Quant au titane apparu depuis peu dans ce genre d'applications il représente certainement le matériau du futur, léger, très résistant mais malheureusement encore beaucoup trop cher.


2.4 Les différents types de popotes.

D'abord la plus classique, de forme ronde et qui propose de nombreux modèles depuis ceux pour le randonneur solitaire jusqu'à ceux pour famille
nombreuse ! Il est à noter qu'en solo le vieux quart de type armée n'est pas forcément une idée idiote. Mais restons plutôt dans le cadre de deux personnes, là ou le choix est le plus vaste et le plus représentatif du matériel dédié randonnée. De toutes façons, à quatre, il est préférable de doubler le matériel (2 x 2) plutôt que de n'emporter qu'un seul système plus volumineux, plus lourd et finalement bien moins pratique. Ces popotes sont généralement vendues complètes et une foi allégées de quelques accessoires on peut y loger quelques ingrédients et ustensiles non fournis. En revanche il ne faut pas trop imaginer y loger le réchaud.


Les popotes avec réchaud intégré ne sont malheureusement pas légion. Il n'en existe que deux modèles à ma connaissance. L'un chez Campingaz, l'autre chez Markill. Ce dernier qui m'accompagne depuis cinq ans n'est soit plus fabriqué soit plus importé ; déjà qu'il m'avait fallut plusieurs années pour m'en procurer un. Le même modèle se vend toujours mais équipé d'un réchaud Markill alors que l'ancien utilise un Campingaz. Toujours le problème du ravitaillement en cartouches de gaz. En fait il s'agit vraiment d'une solution idéale. Le fait de transporter son réchaud dans sa popote plus les accessoires fait gagner une place considérable dans le sac à dos. Bien que j'évite le plus possible de citer des fabricants, dans le cas présent la concurrence étant inexistante je me permets de signaler ce type de matériel parce qu'il m'apparaît vraiment adapté. Entre le français Campingaz et son "TWISTER 270" fort peu onéreux et l'américain Markill avec son "STORMY" pour réchaud Campingaz, solution bien plus chère par contre, je pense que nous sommes arrivés à ce qu'attendait les randonneurs depuis longtemps.


3- Divers mais indispensables

Même si ça ne concerne pas que l'organisation pour manger en randonnée, il est bon de rappeler quelques petites choses de base.  Toujours être équipé d'un couteau adapté pour couper du saucisson, du fromage tout au long de la journée et manger au bivouac.

Une gourde, un litre suffit en général pour le parcours en refaisant le plein chaque foi que c'est possible mais aussi pour charrier de l'eau le soir. En solo plutôt deux gourdes d'un litre.


Même si l'on est pas fumeur, un briquet chacun, neuf et de bonne qualité. Deux si l'on est en solo.
Du sel et du poivre. Pour cela une astuce : avant le départ je vide dans un récipient une proportion de chaque en fonction de mes goûts, je mélange bien, puis remplis un seul flacon. Léger gain de poids mais surtout d'encombrement. Des TupperWare, au minimum deux dont un de la taille d'une plaquette de beurre de 250 grammes. Encore une astuce : pour transporter du beurre par fortes chaleurs dans le sac à dos, prendre une plaquette sous alu puis la protégée d'une double parois de papier alu et mettre le tout dans un TupperWare très hermétique. Après plusieurs heures sous un soleil de plomb je ne vous dis pas qu'il sera comme sortant du réfrigérateur mais tout à fait comestible et sans avoir fondu.

Enfin, pour la vaisselle, le bon vieux savon de Marseille est le produit le mieux adapté de même que pour la toilette, le shampooing et la lessive. Comptez un tiers de cube par semaine pour deux et faite la différence de poids avec des produits dédiés.

Après chacun emporte des choses qui lui sont propres. Pour ma part une boule à thé, un tube de concentré de tomates et une tête d'ail.


Louidominic

Publié dans TECHNIQUES

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

louisdominic 04/08/2009 00:54

Je reviens sur ce sujet qui me tient vraiment à cœur. Si on aime la randonnée il n'est pas incompatible d'être aussi gourmet. Et pour bien manger mieux vaut un réchaud. Comme je possède quatre modèles, deux à gaz et deux à alcool, j'ai pu faire des comparaisons. Souvent j'entend dire que passé un certain nombre de jours le gaz est plus efficace. Certes il est plus facile d'emploi mais je viens de m'apercevoir que je n'ai pas eu besoin de deux litres d'alcool en trois semaines, là où il m'aurait fallut au moins quatre cartouches de gaz. Et pourtant je suis du genre à boire du thé jusque deux heures du matin et par conséquent je n'économise pas vraiment le carburant de chauffe. Alors si les réchauds à alcool peuvent sembler quelque peu désuets ils restent néanmoins une valeur sûr en termes de randonnée. Une quarantaine de litres d'eau environ portée à ébullition plus parfois un peu de mijotage et de grillage avec un litre d'alcool c'est imbattable. De plus pour moins de 1,5€. Comparer au gaz et ses cartouches trop souvent introuvables et toujours trop chères il n'y a vraiment pas photo.
En fait j'ai pu faire la comparaison sur vingt jours en Auvergne de la façon suivante. Comme nous étions deux et que mon réchaud à alcool préféré s'intègre parfaitement dans une popote un peu juste pour deux mon amie est partie avec un à gaz et une seconde popote. Finalement la solution d'un réchaud chacun plutôt qu'un plus gros pour deux n'est pas dénuée d'intérêts et de plus cela nous a permis de faire une comparaison en situation une bonne fois pour toute.
Résultat. Pour ma part j'avais donc mon brûleur avec sa popote et son parevent, un flacon de 500 ml pour l'alcool, et un couvert et un gobelet pour 918g en comptant le poids de l'alcool au départ. Je n'ai eu à me ravitailler que trois fois et cela sans aucun soucis. Elle malgré son réchaud à gaz vraiment léger et très puissant a du partir avec deux cartouches de 400g chacune et finalement au départ la différence était en faveur de l'alcool. Mais où la vraie différence s'est faite c'est au bout d'une dizaine de jours, quand il n'y avait plus de gaz. Trouver une cartouche Coleman ou Primus dans les villages de Haute Loire c'est du domaine du rêve alors que de l'alcool (ménager) on en trouve même dans les bistrots. Et bien on a fini à l'alcool !
Bon parfois je ne suis pas toujours sérieux mais ce que je veux dire c'est qu'il faut arrêter de considérer les réchauds à gaz comme la seule alternative en matière de randonnée. L'expérience comparative que j'ai pu faire il y a peu m'a bien démontrée le contraire. Mais il y a plein d'autres pistes, les réchauds à bois par exemple mais ça je ne connais pas.
Bien que je n'aime pas trop citer des marques ou des modèles, la comparaison s'est faite entre un Trangia et sa popote pour l'alcool et un Pocket Rocket pour celui à gaz et une popote basique de moins d'un litre.
En conclusion : vive l'alcool et au diable le gaz. Enfin, pour moi !

Louis

Alex 30/07/2009 18:18

Magnifique blog, moi qui souhaite me préparer au camping sauvage, je suis servi !
Bravo pour toutes les astuces, ça me sera très utile ! La seule petite chose que je pourrais ajouter : une image de temps en temps pour montrer certains outils, et ce serait parfait !
En tout cas, merci beaucoup et bonne continuation !

Le Blog des PIEDS ROUGES 05/08/2009 15:27


Je note cette remarque et je pense mettre plus de photo de matériel. Nous espérons que tu nous feras un retour de ton expérience avec photos... Nous pouvons mettre des textes et photos en
"contribution".

Bonne aventure !


louisdominic 01/02/2009 02:42

Ce petit descriptif des différents types de réchauds date de deux ans. Depuis que je suis passé à l'alcool, pour rien au monde je ne ressortirais mon réchaud à gaz pour une randonnée. J'entend souvent dire que c'est archaïque, compliqué et dangereux. Il n'en est rien. Une fois qu'on a pris l'habitude ce n'est pas plus compliqué que le gaz. Quant à dangereux, tant qu'on asperge pas sa tente avec l'alcool en laissant tomber une cigarette dessus ... !
C'est un peu moins performant quand il fait 20° mais bien supérieur quand ça descend en dessous de 5.
La combustion de l'alcool dégage une légère odeur mais en pleine nature ... Les réchauds à gaz eux, font généralement du bruit !
Il faut juste faire au départ un petit effort pour apprendre à s'en servir convenablement.

Pratique, léger et puis l'alcool c'est plus romantique que le gaz !
Louisdominic